Joseph Heath, professeur de philosophie politique à l'Université de Toronto, sur le recyclage du papier:
Le recyclage serait le moyen de "sauver des arbres", mais, en pratique, il a exactement l'effet contraire. [...] On n'utilise pas de vieux arbres pour faire du papier -- on a plutôt recours à des arbres cultivés à des fins commerciales, comme le sont le blé et le maïs. Consommer davantage de papier est donc une façon d'accroître le nombre d'arbres plantés. Si, au surplus, nous jetions le papier usagé dans un vieux puits de mine au lieu de le recycler, nous séquestrerions le carbone: en enterrant le papier, nous le sortirions de l'atmosphère. Or c'est exactement ce qu'il faut faire pour combattre le réchauffement climatique. À maints égards, le recyclage du papier nuit donc à la planète. En revanche, le recyclage de l'aluminium se justifie (comme en témoigne le fait qu'il s'agit d'une activité rentable).[...] La plupart des écologistes soutiennent que le recyclage a pour effet de réduire la déforestation à court terme, mais ils font fi des conséquences à long terme d'initiatives qui ont pour effet de décourager la reforestation (Sale Argent, Les éditions logiques, Montréal, 2009, p. 17).
À propos de la difficulté d'être à la fois écologiste et militant contre les changements climatiques, il faut lire aussi cet article de Nicolas Bérubé paru récemment dans la Presse.
