"La situation géographique de la Syrie donne à cette composition sociale une dimension géopolitique qui rejoint les enjeux les plus explosifs du Moyen-Orient. Lové entre le Liban, Israël, la Jordanie, l'Irak et la Turquie, le pays sert surtout d'avant-pont à l'Iran : c'est beaucoup grâce à son alliance avec la Syrie que Téhéran peut soutenir militairement le Hezbollah, au Liban. À cela il faut ajouter le problème de l'irrédentisme kurde, que la Syrie partage avec l'Irak et la Turquie, et le conflit concernant le plateau du Golan, une région stratégique passée aux mains des Israéliens après la guerre des Six Jours, en 1967, mais que Damas considère toujours comme sienne.
Jusqu'à présent, l'Union européenne et les États-Unis ont limité leurs actions contre le régime de Bachar Al-Assad à des sanctions économiques. Ils ont été suivis en cela par la majorité des pays de la Ligue arabe et la Turquie. Mais aucun projet d'intervention militaire n'a été élaboré par la communauté internationale. Le Conseil de sécurité de l'ONU n'a même pas été en mesure d'adopter des sanctions économiques contre la Syrie au début du mois d'octobre, la Russie et la Chine y ayant mis leur veto."
Lire Jean-Frédéric Légaré-Tremblay, "Le casse-tête syrien", www.lactualite.com.
